Mercredi 20 août 2008 3 20 /08 /2008 06:55
Dans "je", il y a le jeu. Entre les autres et soi. Entre tous les autres et soi. Entre les autres en soi.
Sais-tu quand je  mourrai?
J'interroge ainsi ma solitude au pluriel indénombrable. Peut-être l'un de vous me répondra-t-il d'une métaphore absconse qui contiendra le monde entier, le savoir en soi universel, et que je ne pourrai l'entendre.
Peu importe. La durée a fini d'exister. Je marche au long des rues, lentement, pas après pas, et dans ma tête j'écoute la parole se dérouler sans fin. Soliloque interminable où s'invente un scénario. Une autre vie. J'y crois. Je n'y crois pas. J'attends.
Tandis que l'espace sous mes pieds se dévide inlassable, une lettre reçue d'un écrivain célèbre, ce matin, se répète et j'en apprends un à un tous les mots. (... )
Il livre son coeur comme dans l'amour, dans le râle de l'orgasme, de la mort et dans la confession. C'est chaque fois comme un dernier récit. Comme s'il nous disait cette fois-ci tout. De lui. Et qu'il disparaissait dans la prégnance douloureuse d'une présence incandescente. Une étoile morte qui perdure. Le rêve sucré d'une douceur. La pureté d'une fantaisie poétique.
( ... )
Ma vie m'appartient mais je la cède, au soleil, au vent, au jour et à la nuit. Chaque seconde sonore m'éloigne un peu de moi. Je deviens quelqu'un d'autre. J'ignore ma véritable identité. Sur la ligne déchirée de ma destinée, je ne saurais situer l'instant présent qui n'est plus là déjà.
( ... )
J'apprends qu'il faut durer ou trancher vif le cordon qui nous maintient ici et maintenant.
S'extraire donc de l'immense utérus de la terre pour tomber dans l'inconnu de la mort au front et aux joues de marbre froid.
( ... )
Par ANTONIO MANUEL
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Mardi 19 août 2008 2 19 /08 /2008 07:47

( ... )

Je suis impatient que ma gastro-entérologue passe me donner sa bénédiction pour ma sortie - provisoire ? - de l'hôpital. Certainement, comme chaque jour, la verrai-je en extrême fin de matinée.

Provisoire, parce que la suite de mon traitement dépendra des résultats de l'analyse des biopsies, connus dans dix ou quinze jours. Et qu'il est fort probable qu'une opération soit nécessaire ou un traitement par perfusions de Remicade qui se fait en milieu hospitalier, durant quatre heures, tous les quinze jours, dans sa totalité.

( ... )

J'ai rassemblé mes effets personnels, comme avant-hier, en espérant que, cette fois, rien n'incitera le médecin à me garder encore à « sa portée », comme elle le dit maternellement, entre les murs d'un gris bleuté de ma vaste chambre. J'ai bien conscience d'être privilégier de bénéficier de cette très grande chambre individuelle avec une vue splendide sur une nature vibrante et abondante, laissant le soleil se refléter dans sa verdure, au gré du vent, qui lui imprime une vitalité animale.

Dans un quart d'heure, l'infirmière m'apportera ma bouteille d'un demi-litre de boisson qu'elle dit préparer comme un biberon. Serais-je dans une phase régressive où mon corps réclame ce dont il a manqué il y a quarante ans ?

(... )

Ma gastro-entérologue vient de quitter la pièce. Elle m'a demandé si je me sentais prêt à sortir. Je lui ai répondu que mon dossier administratif de sortie était prêt depuis ce matin - c'est un conseil des aides soignantes pour occuper la matinée et gagner du temps quand mon ordonnance sera rédigée.

Les probiotiques prescrits par la diététicienne sont favorablement retenus par ma gastroentérologue. Je dois la revoir dans cinq jours, avec un nouveau bilan sanguin, pour qu'elle puisse apprécier les effets bénéfiques de ce traitement étrange où la nourriture se révèle être aussi un médicament.

J'ai prévu depuis deux jours quels seront les compléments alimentaires nécessaires pour me sentir protégé, soigné. Il s'agit de gélules pour ma peau, particulièrement altérée par la cortisone, recommandées par ma dermatologue. D'oméga 3, pour essayer de ne pas sombrer dans un jour sans mémoire. Et des probiotiques, à quarante euros la boîte, prescrits par la diététicienne.

Programme de lecture également :

( ... ).

Par ANTONIO MANUEL
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Lundi 18 août 2008 1 18 /08 /2008 22:07
Je comprends mal en quoi dévoiler celui ou celle que l'on est, pour ma part par l'écriture de récits d'autofiction, disponibles sur ce blog, entre autres, équivaudrait à perdre son unicité et donc par conséquent son identité propre et irréductible, radicalement singulière.
Dire "je" et révéler le plus intime de soi a une fonction thérapeutique sur le divan de l'analyste. Dans un récit d'autofiction, cette fonction thérapeutique demeure sous la forme d'une catharsis.
De plus s'y ajoute une dimension herméneutique dans le sens où le moi, le corps et le mental mais aussi cette part de soi qui donne accès au divin ou nous connecte à l'univers pour qui ne croit pas en Dieu, sont appréhendés comme des énigmes textuelles, des papyrus, des parchemins que nous tentons, par l'écriture, de déchiffrer.
"Je" m'apparais alors sous une lumière qui traverse ma personne sociale, ce masque qui dissimule ma véritable identité aux autres et parfois à soi-même.
Nous abordons là, la dimension heuristique de l'écriture à la première personne du singulier, lorsque le "je" du narrateur croise celui de l'auteur : j'acquiers ainsi une lucidité sur moi-même que je n'aurais pas autrement.
Enfin, et ce qui est loin d'être négligeable, bien au contraire, la recherche du beau, d'une écriture du moi qui exhibe son essence esthétique,  éblouit son lecteur et lui ouvre de façon fascinante et hypnotique la voie d'une connaissance qui est à la fois celle de la confidence intime où l'unicité rejoint l'universalité, et l'appréhension d'une réalité que sa transfiguration, sa sublimation et son paroxysme  mènent, grâce à son analyse et à sa mise à nue, grâce à l'acte littéraire d'écrire,  à sa perfection et le "je" à sa complète réalisation.
Par l'art d'écrire "je" devient moi.
Par ANTONIO MANUEL
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Lundi 18 août 2008 1 18 /08 /2008 10:15

Hier matin, j'ai ouvert les yeux dans la salle de réveil du service d'entérologie de l'hôpital nord de Marseille et la douleur a été là, d'emblée.

( ... )

Une heure plus tard, la douleur persistait, omniprésente. Dans mon ventre, entre mes côtes, sous le diaphragme. Je pouvais à peine respirer.

Après quelques minutes supplémentaires de souffrance, l'infirmière, jeune et sensible, insista auprès de sa supérieure hiérarchique pour que j'obtienne une perfusion de morphine.

J'attendis pendant plus d'une demi-heure que la drogue agisse. Il était un peu plus de douze heures trente quand je me rhabillai maladroitement, très lentement, douloureusement. En franchissant le seuil de la cuisine, où une collation garnissait abondamment une table, je dus m'asseoir sur un des fauteuils le long du mur car la périphérie de ma vision s'obscurcit plusieurs fois et je sentis mes forces m'abandonner.

Ma gastro-entérologue vint me voir et me trouva anormalement pâle. Il faut dire qu'à mon anémie s'ajoutait l'absence de prise de toute nourriture depuis le déjeuner de la veille.

(... )

Le diagnostic était en faveur d'une maladie de crohn.

( ... )

J'entamais juste mon repas quand ma gastro-entérologue pénétra dans ma chambre, s'assit sur le lit voisin et m'expliqua qu'après mon malaise de la veille, étant donné ma fatigue et ma maigreur et jusqu'à ce que l'hôpital ait reçu mes substituts de repas commandés, le lendemain ou le surlendemain, il valait mieux que je garde la chambre pour me reposer un peu. Et puis, elle me trouvait plus serein depuis mon entrée à l'hôpital. Ma présence dans les lieux la tranquillisait.

Elle avait raison. J'étais bien plus calme. Mais j'avais la fâcheuse impression que le monde continuait sans moi, sans aucun émoi.

Je pensai que les malades, les personnes âgées ou agonisantes subissaient le même ostracisme qui les cloître afin que la société n'ait pas à en supporter la vue.

(... )

Des traînées de souffrances, des zones de mémoire douloureuse, un rappel permanent que je n'ai plus ni l'énergie, ni la vitalité, ni l'aisance de mon entrée à l'hôpital.

(... )

 

Par ANTONIO MANUEL
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Dimanche 17 août 2008 7 17 /08 /2008 02:43

( ... )

Conversation avec le psychiatre rattaché à l'hôpital ce matin. Curieusement, je reconnais en lui cet effacement que j'avais toujours cru propre à ma psychanalyste. Occuper le moins d'espace possible pour laisser la parole du patient se déployer comme une hypertrophie, une logorrhée, la mise en scène du moi qui dirait tout pour ne pas en venir à l'essentiel. Longues périphrases enjôleuses. Discours organisé, hiérarchisé, structuré, comme prêt à servir depuis toujours.

Embaumement de l'enfant mort. Hyperboles et ellipses. Litotes. Toute une rhétorique exhibée pour masquer la trame du texte primordial.

Savant tissage d'une soie verbale. Confidences travesties. Aveux niés. Sur le visage le fard peut-être se délite mais la grimace du sourire reste encore.

( ... )

Accepter de renoncer à devancer la mort. Ne pas risquer d'abandonner ma mère. L'aider. L'aimer. Apprendre à vivre. Savoir être celui qui refuse en moi d'apparaître, lucide, paisible. Me tolérer. Comprendre l'obstacle qui se dresse entre la joie et moi. Eliminer toute réticence à jouir du bonheur d'exister. Être ! Moi ! Toujours ! Fidèle à mon identité. Sincère. Equitable. Enclin à la charité envers ma propre personne, afin de pouvoir l'offrir comme une grâce aux souffrances de l'humanité.

Aimable, charitable, équitable : devenir l'autre qui rêve en moi du surgissement de la lumière, d'une greffe de soleil sous la peau. Un astre enté au lieu du cœur qui rayonnerait d'une clémence démesurée.

Par ANTONIO MANUEL
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Samedi 16 août 2008 6 16 /08 /2008 08:00

Il y a cinq jours, ce matin, que je vis dans cette chambre d'hôpital. Vaste pièce comme un studio dépourvu de coin cuisine.

Les cigales habitent le silence de ma chambre d'un frottement aigu et métallique continu. Deux notes juxtaposées, l'une basse un peu comme la scie tronçonnant un gros rondin de bois, l'autre rapide, filante comme une crécelle exaspérée. ( ... )

Une autre heure de lecture de NICOLAS PAGES. Roman entêtant comme un parfum d'hiver, excessif, violent, en plein cœur de l'été. GUILLAUME DUSTAN refusant de nous quitter, un peu comme le patient relié à sa potence. ( ... )

Cette nuit, en me réveillant à trois heures pour aller aux toilettes, l'aiguille du cathéter plantée dans la veine de mon avant-bras droit s'est extraite de sa gangue dont elle a jailli, accompagnée d'un sang giclant qui m'a pris de court et paniqué. L'infirmière appelée a décidé que pour deux jours qu'il me restait à passer à l'hôpital avant mon transfert à Marseille, je prendrais les médicaments oralement.

Plaisir libre d'une douche ce matin. Sensation de fraîcheur, d'impeccable propreté. Puis le déodorant, la crème, le lait. A sept heures, je suis prêt pour achever la lecture des trente dernières pages de COSMETIQUE DE L'ENNEMI d'AMELIE NOTHOMB. (... )

Depuis mon entrée à l'hôpital, tout le monde me dit que j'ai repris un peu de poids. Et cela me contrarie. Sans aucune activité physique comme le yoga ou la marche, j'ai l'impression d'amasser les kilos, des trois repas complets quotidiens, dans tout l'espace de mon abdomen.

Je le vois grossir, s'arrondir et son absence de concavité m'effraie. Je pense que si je devais sortir demain, guéri, je ferais tout pour retrouver les cinquante trois kilos de mon arrivée. ( ... )

Ce retour d'une quasi normalité morphologique me déprime. Comme si mon corps ne disait plus rien de sa souffrance. Comme si on en gommait la tangibilité chaque jour. Mon corps perd peu à peu le pouvoir de faire résonner ma douleur.

La norme se rapproche dangereusement. Effaçant mon idiosyncrasie, lissant et délimitant les contours de mon identité pour m'assimiler à la masse des corps se mouvant vers leur décrépitude. ( ...)
Par ANTONIO MANUEL
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Vendredi 15 août 2008 5 15 /08 /2008 08:38

Encore quatre jours d'innocence. Quatre pages de chance et d'urgence. Comme on peut gober le matin, à jeun, la fraîcheur et la vitalité d'un œuf cru.

Ma peau est tellement sèche que des crevasses, des coupures, des gerçures se forment sur mes pieds, sur mes mains malgré la crème spécifique généreusement appliquée soir et matin.

Je suis obligé d'hydrater mon visage, le contour de mes yeux, les ailes du nez, mes lèvres, plusieurs fois par jour, en évitant surtout l'usage des produits hydratants masculins, sous forme de gels, irritants et desquamants.

Mon corps est comme un marais dont le sel se charge de l'eau bue en abondance toute la journée. La cortisone a ce grand pouvoir de m'assécher comme un cours d'eau soudain aride, impuissante à guérir les plaies de mes viscères tuméfiés.

Les os effilés de mon squelette debout sont, paraît-il, de plus en plus apparents, saillants au niveau des coudes, des genoux, de la ceinture scapulaire, des omoplates, des hanches.

Je ne les vois pas. Ni la maigreur de mes cuisses ou de mes bras.

Je suis un village, une ville, tout un pays, une vie à moi seul, multiple par la mémoire de l'écriture qui me transporte au-delà du temps et du lieu.


J'aimerais terminer la lecture de NICOLAS PAGES de GUILLAUME DUSTAN. C'est comme s'il ne voulait pas qu'on le suive sur une route rectiligne mais qu'on soit partie de ce maelström  qu'est sa vie où des plages de récit normé émeuvent plus que l'effervescence composée de pages hallucinées de la forme stellaire des ancres qu'un navire jetterait, de la poupe à la proue, pour s'amarrer comme une étoile des mers gigantesque. 

Ne pas être relié, ici ou là. Voyager, voguer en ne faisant que des haltes provisoires, des volontés d'espoir déçues, d'amours prétendues. Le repos comme une absence, une vacance de la conscience ou la folie d'une ivresse absolue.

J'écris cela pour qu'il ne meure jamais.

Par ANTONIO MANUEL
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Jeudi 14 août 2008 4 14 /08 /2008 10:17

La nuit précédant ma coloscopie, je fus réveillé à trois heures trente du matin. J'avais l'impression que des gamins espiègles et irrévérencieux s'amusaient à lancer des cailloux contre les volets. Dans le même temps, les voix nombreuses et fortes d'une conversation me parvenaient, entrecoupées de cris et de sanglots. Par moment, dans le silence montait la psalmodie d'une lamentation.

L'infirmière de nuit m'apprit, en suspendant à la potence deux nouvelles poches d'antibiotiques et une troisième pleine de spasfon et de debridat, qu'une vieille dame gitane était à l'agonie et que sa famille s'était rassemblée à l'extrémité du couloir de l'étage supérieur.

Je frissonnai. (...)


Peu après, dans ma chambre, un peu avant midi, ma gastroentérologue me tendait le cliché d'un cratère en fusion, un puits sanglant dont les parois laissaient apparaître de multiples polypes.

Elle m'expliqua avoir vu ce qu'elle voulait voir mais être néanmoins dans l'incapacité de se prononcer sur la nature exacte de la pathologie. Elle hésitait entre les diagnostics d'une recto-colite polypoïde qui nécessitait une colectomie. Le traitement par un autre immunosuppresseur risquait, en effet, de masquer ou de favoriser l'irruption de cellules cancéreuses, ou celui d'une maladie de crohn  qui exigeait une approche toute autre.

Dans l'indécision où elle se trouvait, elle décida de ma garder à l'hôpital sous surveillance médicale jusqu'au mardi suivant où une ambulance me transporterait à l'hôpital nord de Marseille. Là, une nouvelle coloscopie, mieux préparée, et l'assistance de sa collègue autoriseraient un diagnostic solide et un traitement approprié.

Par ANTONIO MANUEL
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Jeudi 17 juillet 2008 4 17 /07 /2008 08:26

Le soir, au téléphone, ma mère m'a avoué que depuis la porte vitrée de l'hôpital, sur le vaste perron duquel je les ai regardés s'en aller, la maigreur toujours plus prononcée de mon corps et de mon visage, émacié, mon teint livide au soleil rayonnant, les avaient impressionnés. 

L'infirmière qui prend le relai auprès de moi, m'a expliqué que deux antibiotiques avaient été ajoutés au spasfon et au débridat depuis hier soir, car le scanner avait mis en évidence un oedème que les antibiotiques ont pour but de résorber.
Quoiqu'il en soit, j'éprouve des nausées, des douleurs abdominales assourdies et une fatigue immense.

Le soleil s'est installé dans sa clarté bleu ciel. Et la nature me contemple, sage.

Je n'ai plus peur désormais. J'habite mon espace intérieur. Je porte mon éternité.

Par ANTONIO MANUEL
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Mercredi 16 juillet 2008 3 16 /07 /2008 09:12

Le vieux monsieur sort des toilettes, le torse nu, au- dessus de l'avancée tendue et impressionnante de son abdomen hypertrophié.
Il tente de m'expliquer que ce matin, la zone de ses organes génitaux est gonflée et douloureuse, comme emplie d'eau elle aussi. Je lui promets d'en parler à une infirmière.

Assis sur son lit, face à la fenêtre double, il émet à chaque respiration comme une prière inarticulée, une plainte, un gémissement. Il dit qu'il a mal, que respirer est une douleur. Comme cette nuit, il appelait en portugais la mère de Dieu.

La gastro-entérologue a appelé l'hôpital pour qu'on me remette sous la perfusion interrompu ce matin par le scaner.
Elle a fait ajouter deux flacons d'antibiotiques. Je ne saurais rien de plus sur ce dont je souffre, et ce dont je suis le premier concerné, avant son passage demain dans la journée.

Pour l'heure, j'ai obtenu la chambre individuelle promise. Au bout du couloir à gauche. la dernière chambre avant la porte vitrée derrière laquelle aides soignantes et infirmières fument pendant leurs pauses.

Par ANTONIO MANUEL
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